Alain Richard aux commandes de l’équipe suisse au Mondial


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Alain Richard, entraîneur de l’équipe suisse de rink-hockey

Naissance: 29 juillet 1970 à Montreux

Etat civil: Célibataire

Profession: Réviseur-comptable

Fonction: Entraîneur national

Violons d’Ingres: ski, plongée, improvisation théâtrale, bourse, développement personnel
Qualités: J’achète des livres de cuisine, reste à l’ombre quand il y a trop de soleil et réponds aux interviews sans pratiquer la langue de bois.

Défauts: Je perds mes tickets de parking, chante faux sous la douche et refuse de mettre un costard pour être au bord du terrain.

Du 16 au 23 juin 2007, vous conduirez l’équipe suisse au Mondial de Rink-Hockey à Montreux, à la salle du Pierrier.

Situation en Suisse
Quel est votre point de vue sur le Rink-Hockey en Suisse ?
Le rink-hockey a beaucoup progressé en Suisse ces 10 dernières années tant au niveau  technique que tactique ou physique. Il existe aujourd’hui en LNA une saine émulation qui pousse les clubs à continuellement progresser, se renouveler et à être inventif pour rester compétitifs. Cet aspect des choses est très positif pour le rink-hockey suisse et les équipes nationales. Les clubs et la fédération sont de mieux en mieux structurés ce qui donnent une base solide pour travailler sérieusement et positivement. Les efforts fournis par les clubs dans la formation des entraîneurs et la construction de pistes couvertes permettront d’accroître encore la qualité technique des équipes. Par contre, il existe une stagnation voire un fléchissement au niveau du nombre de clubs engagés dans les différents championnats.

Avez-vous assez de choix dans les 25 clubs que compte la Suisse et ses 1000 licenciés ?
Je ne me pose même pas la question. A quoi cela me servirait-il de rêver de choisir dans 100 clubs avec 4000 licenciés ? En tous les cas, j’ai assez de possibilités pour composer une équipe performante.

La région bernoise est leader quant au nombre de clubs. Votre rôle est celui de fédérer des joueurs de langues et de mentalités différentes ?
Non, les joueurs savent d’eux-mêmes accepter les différences et jouer le jeu du groupe. Je choisis des personnes capables de jouer au niveau international, de vivre ensemble dans un cadre fixé et de s’intégrer dans un système de jeu. Je veille également à la cohésion de l’équipe sur et en dehors de la piste et apporte mes connaissances techniques et tactiques aux joueurs.

Quel est votre meilleur souvenir à la tête de l’équipe suisse ?
J’ai beaucoup de très bons souvenirs avec cette équipe. Pleins de petits moments de bonheur sur et hors de la piste qui sont gravés en moi. Au niveau sportif, mes meilleurs souvenirs peuvent être des victoires comme des défaites, mais j’aime les moments qui nous ont permis de progresser. Par exemple, nos victoires contre la France à la Roche s/Yon et à San José ont été très significatives, de même que nos défaites contre le Portugal dans ces mêmes championnats. Je n’oublierai également jamais le visage de mes joueurs après notre victoire contre l’Italie l’année passée aux championnats d’Europe.

Que souhaitez-vous encore vivre avec votre équipe ?
De belles aventures et des émotions fortes.

La professionnalisation des joueurs est monnaie courante dans les autres pays. Vous sentez-vous pénalisés en Suisse ?
Non, il y a beaucoup de joueurs suisses qui sont très professionnels dans leur tête et dans leurs actes.

Carrière de joueur
Avez-vous aussi une carrière de joueur derrière vous ?
En effet, j’ai joué plus de vingt ans au rink, en LNA et dans l’équipe nationale.

Dans quels clubs avez-vous joué ? Aussi à l’étranger ?
J’ai fait toute ma carrière au Montreux Hockey Club, des juniors à l’équipe fanion. D’ailleurs, je continue à jouer pour le fun avec l’équipe réserve.

Quels enseignements tirez-vous de ces expériences ?
J’ai appris à m’amuser tout en m’entraînant sérieusement, à me dépasser. Le rink, comme tous les sports en général, est une bonne école de la vie. J’ai également beaucoup apprécié la vie de groupe, ça nous apprend la tolérance, entre autres.

A quel âge avez-vous commencé à jouer ?
J’ai commencé à 10 ans.

Quels conseils pouvez-vous dispenser aux jeunes qui souhaitent s’investir dans ce sport aujourd’hui ?
De jouer pour le plaisir de la performance et du jeu, mais pas pour gagner de l’argent !!!!

Un des objectifs du Comité d’organisation est de promouvoir votre sport auprès des jeunes. Qu’en pensez-vous ?
Je pense que toutes les initiatives visant à promouvoir notre sport en Suisse et à l’étranger méritent tout notre respect et ne peuvent qu’être soutenues. Elles ne sont pas assez nombreuses, malheureusement.

Pronostic
Votre souhait pour votre équipe lors de ce Championnat du monde ?
Je souhaite que tous les joueurs de mon équipe puissent être à 100% de leurs capacités lors de ce Championnat du monde, qu’ils soient à même d’exprimer tout leur potentiel et de vivre pleinement chaque instant.

Votre souhait personnel ?
J’ai le même souhait pour moi que pour mes joueurs. Je me fixerai, en outre, chaque jour un ou des objectifs intérieurs qui ne seront pas évaluables en terme de victoire ou de défaite.

Quel est votre pronostic ?
Que nous allons tous avoir beaucoup de plaisir !

Prévoyez-vous un camp d’entraînement avant le Mondial afin de créer une cohésion de votre équipe et de revoir les schémas ?
Comme chaque année, on se verra une semaine avant les Championnats du monde afin de s’acclimater à un rythme de vie qui n’est pas celui dont on a l’habitude.

Est-ce que la Coupe des nations (la 62e du nom a lieu cette année du 6 au 9 avril 2007), constitue un dernier test afin de réussir le Mondial ?
C’est en effet le dernier grand tournoi avant le Mondial. Mais deux mois s’écouleront encore avant la grande échéance. Il y a donc encore plein de choses qui peuvent se passer.

Un Mondial à Montreux, votre région
Montreux c’est votre région. Votre cœur bat donc plus fort ?
Oui, j’espère bien car ça voudra dire que je vis le moment à fond et que je suis à 100% dans l’action.

Vous connaissez bien la piste à Montreux, est-ce un avantage important ?
La piste n’a pas d’importance en tant que telle. Par contre, ce sera un avantage de jouer devant et avec notre public.

Vous figurez dans le groupe de l’Italie, Andorre et Angleterre. Comment appréhendez-vous ces matches ?
Comme à chaque match, on fera tout ce qui est possible pour les gagner.

Dans votre groupe, quels pays sont bien à jouer et lesquels nuisent votre jeu ?
Franchement, je n’en ai aucune idée. On a déjà battu ces trois équipes par le passé. L’Italie sera très forte et revancharde. Andorre est une très bonne équipe qui alterne le bon et le moins bon. L’Angleterre est une équipe qui progresse d’année en année. Toutes méritent notre plus grand respect.

Ce Mondial a lieu à Montreux, en Suisse. Sentez-vous une pression plus forte sur vos épaules, en étant l’équipe à battre absolument sur ses terres ou alors êtes-vous serein ?
Je ne suis jamais complètement serein, mais j’ai confiance en moi et en mes joueurs. Je ferai mon possible pour que chacun se concentre sur l’action et non pas sur le résultat. Je suis convaincu que nos résultats dépendront étroitement de notre capacité à nous en éloigner.

Quels sont les points forts de votre équipe ?
Les points forts de mon équipe sont l’addition des qualités de chaque joueur.

Et les points faibles, sans trahir de secret, car vos concurrents vont certainement lire cette interview ?
Eh bien ce sont l’addition des défauts de chaque joueur évidemment !

Etes-vous sensible au retentissement de l’hymne national ?
Oui bien sur, mais uniquement si elle est bien jouée et ne provient pas d’un disque défectueux !

Une question que je ne vous ai pas posée, à laquelle vous auriez tant aimé répondre ?
Oui, beaucoup, mais je ne veux pas vous souffler mes idées !

Un dernier mot ?
Que la fête soit belle ! D’avance, un grand merci à tout le comité d’organisation, aux bénévoles et aux spectateurs.

Nous vous souhaitons le mot consacré à vous et à l’équipe suisse pour ce Mondial.

Victor Carchedi
Responsable Communication et Médias
Propos recueillis le 8 janvier 2007