Marcel Monney


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Voyages et anecdotes de la carrière de Marcel Monney

La première page de son journal rouge
qui en dit long sur sa passion du rink-hockey

Le rink-hockey n’était vieux que d’une quinzaine d’années sur la Riviera quand les frères Monney ont vu le jour en 1926. C’est un 11 décembre, que Pierre puis Marcel quelques minutes après, ont été mis au monde. Ces quelques minutes auront peut-être une incidence sur le physique plus léger ou plus fin de Marcel par rapport à son aîné. C’est dans les rues de leur quartier de Belmont que Marcel et son frère frapperont leurs premiers pucks, qui consistaient à l’époque en «la boule à bas de la maman». Pour son premier match, Marcel surnommé, Tcho-Tcho, ne défendît pas les couleurs de Montreux ou même celles de son quartier de Belmont, car il patina parmi les gamins du quartier de la Rouvenaz pour affronter l’équipe de son frère, celle de Belmont.

A 25 ans, les jumeaux en équipe suisse.

Quelques années plus tard et lassés des petits matches de quartier, les frères Monney accompagnés de leurs copains dont un certain Jacques Buffy descendirent au Pavillon des Sports pour s’entraîner sous la houlette du fameux Pierrot Gervaz au Montreux Hockey Club. Et les entraînements de «Pierrot» n’étaient pas de tout repos, la discipline tenait une place prépondérante dans les sessions de Monsieur Gervaz. C’est ainsi que Marcel se fît régulièrement renvoyer à la maison. «La passe n’était pas mon mouvement favori» avoua Marcel. Mais à force d’abnégation, le jeune Marcel Monney eût enfin les faveurs de son entraîneur. C’est certainement en partie grâce à Pierrot Gervaz que Marcel avait une si belle image des sportifs: «Je préfère rester un joueur sobre, sportif au maximum et jouer pour le plaisir, et c’est en partant de ce principe que vous serez de vrais sportifs». De quoi inspirer des générations de jeunes sportifs…

Son 1er voyage en septembre 1943, à Zurich, extrait.

Même si, à ses débuts, Marcel porta plus souvent le chandail de la deuxième équipe de Montreux que celui de la première. Cette époque lui permît d’effectuer son premier voyage un jour de septembre 1943. «La première équipe de Montreux se déplaçait à Zurich mais sans moi, et c’était la larme à l’œil que je vis partir mon frère en direction de la gare. Mais un des membres de l’équipe donna l’ordre à mon frère de me téléphoner. Il était une heure moins cinq et le rendez-vous était fixé à une heure cinq. Et bien à une heure neuf, j’étais sur le quai de la gare de Clarens ma valise et ma canne dans les mains avec la joie que vous devinez» se remémorait Tcho-Tcho. Le benjamin des Monney n’aura pas patiné une seule seconde sur la piste zurichoise, mais l’essentiel était ailleurs. «J’avais trempé dans le bain, ce qui a augmenté mon intérêt pour le rink-hockey» relevait-il.

A Montreux avant le départ pour le Mozambique
(Marcel Monney est le 4e du 1er rang)

Malgré cette escapade zurichoise avec la première équipe, Tcho-Tcho resta cantonné avec la deuxième équipe, pas trop aidé par son physique un peu léger. Mais en mai 1946, il profita de la défection de plusieurs joueurs de la «une» (dont son frère Pierre) pour accompagner l’équipe fanion à un tournoi en Italie, à Novarra. C’est donc à vingt ans que Marcel passa les frontières helvétiques pour la première fois. Au cours de ce tournoi, Montreux connaîtra une victoire et deux défaites. Mais les résultats ne constituaient pas l’essentiel. La découverte d’autres horizons marqua Marcel qui se souviendra toute sa vie de la visite du Milan bombardé: «chose sinistre à voir» se souvenait-il. Montreux s’arrêtera à Monza sur le chemin du retour, mais les Suisses connaîtront encore une défaite. «Il faut savoir perdre avant de gagner» soulignait Marcel Monney qui revint en Suisse encore plus motivé.

Sa prochaine expédition, Tcho-Tcho la fît en direction de Savatan. En effet, le joueur du Montreux HC était appelé sous les drapeaux pour effectuer son école de recrue en février 1947. Cependant, aidé par un colonel des plus sympathiques, Marcel eût le droit de « descendre » s’entraîner à Montreux deux fois par semaine à condition de rentrer chaque soir avant minuit. Les transports publics et les voitures étant plutôt rares en 1947, Marcel devait effectuer la montée entre Saint-Maurice et Savatan à pieds après chaque entraînement, mais avec le cœur léger…

Marcel Monney marque magnifiquement
(Tribune de Lausanne du 30 décembre 1959)

Durant son école de recrue, Marcel participe à sa première «Coupe d’Europe» et inscrit même deux buts au cours de la seule victoire montreusienne du tournoi face aux Anglais… Mais les bonnes choses ont une fin et c’est en voiture (cette fois) en compagnie de son frère et de Pierrot Gervaz que Marcel retourna à la caserne de Savatan. Mais les saluts sous les drapeaux seront peu nombreux, car en avril 1947 le «petit Monney» se voit une nouvelle fois accorder un congé pour aller disputer un tournoi à Lyon. C’est donc debout à quatre heures du matin et après avoir avalé deux grosses tartines et un puissant bol d’Ovomaltine que Marcel partît en direction de Montreux rejoindre ses coéquipiers. Dans l’excitation Tcho-Tcho oublia même son passeport. Mais les douaniers furent conciliants… A Lyon, le Monteux HC se retrouvera en finale face à Gênes. Meilleurs manieurs de crosses les Italiens s’imposeront encore une fois. Paradoxalement, c’est pendant son école de recrue que Marcel Monney acquis ses galons de titulaire avec la première équipe de Montreux. Galons qu’il garda durant de longues années…

Durant ces années le Montreux HC collectionna les titres
de champion suisse (24 titres entre 1941 et 1966 !), ainsi que six Coupes Suisses. Marcel «Tcho-Tcho» Monney usa également ses patins durant de nombreuses éditions du Tournoi de Pâques (ex-Coupe des Nations) avec le Montreux HC. Les patineurs vaudois connurent des classements très honorables dont une fameuse deuxième place en 1964. Rencontrant l’Espagne en finale, Montreux perdit dans les 30 dernières secondes…

En plus de ses fantastiques succès avec le Montreux HC, Tcho-Tcho fût l’un des piliers de l’équipe nationale suisse. Lors de ses 170 sélections, le Montreusien participa à plusieurs Championnats du Monde et d’Europe qui permirent à la Suisse d’acquérir ses lettres de noblesse dans le monde du rink-hockey. Marcel prit l’habitud
e de faire la couverture des quotidiens portugais et espagnols lors des compétitions effectuées sur les sols lusitaniens et ibériques avec le Montreux HC ou l’équipe de Suisse.

A la dernière page de son journal figurent
les résultats de l’équipe suisse, de 1948 à 1959.

Marcel Monney mit un terme à son activité de joueur en 1964 lors d'un match organisé à Madrid devant 15’000 spectateurs, opposant les champions du Monde en titre espagnols à une sélection du reste du monde composée notamment d'Adriao, Livramento, Olthoff et Marcel Monney. Il reprit ensuite les rôles successifs d'entraîneur des juniors, de la première équipe puis entra au comité du Montreux HC pour en devenir le président de 1981 à 1991. Ayant terminé ses activités officielles au sein du Montreux HC, il consacra ensuite une partie de sa «retraite active» à la Fédération Suisse de Rink-Hockey en tant que vice-président, responsable technique des équipes nationales. Plus qu’un simple sport, le rink-hockey représentait les valeurs de la vie pour Tcho-Tcho Monney… Marcel Monney s’est éteint le 9 juillet 2002, à presque 76 ans. Il a su donner sa passion à son fils Jean-Marie, président du plus prestigieux tournoi de rink-hockey dans le monde, la Coupe des Nations*.

Julien Echenard, coaché par Victor Carchedi, responsable Communication et Médias

Merci à Madame Monney, épouse de Marcel, pour le prêt du journal de son mari, qui constitue une richesse d’informations multiples.

* La Coupe des Nations installera ses quartiers du 6 au 9 avril 2007 dans la salle omnisports du Pierrier à Montreux-Clarens (Suisse).